Actualité




DANSEURS PROFESSIONNELS - ERD
MICADANSES 
UN TEMPS SUSPENDU

Du 8 au 19 janvier
Ce cours a pour objectif d’être en relation avec ses sensations, ses propres densités et de partager un moment chorégraphique par la technique et par des enchaînements variés.
Les champs de matières, d’états de conscience seront abordés et l’imaginaire corporel intégré dans les propositions.
Cet enseignement prend en compte chacun dans sa culture et cherche à créer des liens entre sa propre danse et les contenus proposés.

08 janvier 2018 de 10h à 12h, studio Biped
09 janvier 2018 de 10h à 12h, studio Biped
11 janvier 2018 de 10h à 12h, studio Biped
12 janvier 2018 de 10h à 12h, studio Biped
15 janvier 2018 de 10h à 12h, studio Biped
16 janvier 2018 de 10h à 12h, studio Biped
18 janvier 2018 de 10h à 12h, studio Biped
19 janvier 2018 de 10h à 12h, studio Biped
http://micadanses.com/cours/un-temps-suspendu/


Publication
L 'atelier de Christine Gérard
ou
L'improvisation comme technique et poétique de l'agir 



Conçu par
Anne Cazemajou
Christine Gérard 
Isabelle Lévy-Lehmann
Mélanie Papin


Aide à la recherche et au patrimoine en danse du CND 
Les Quinconces - L'Espal Scène conventionnée 


https://drive.google.com/file/d/0Bwy2n-6wLaiySHRoaEQ2YUVmN0NWZjZFVUtSRE11NEZJUHlZ/view?usp=sharing






Création 2016 

LE TEMPS TRAVERSÉ
A Micadanses  Faits Maison 
 Article de  jean marie Gourreau
Voyage au cours du temps 


Chorégraphie et interprétation : Christine Gérard 
Vidéo  et photographies : Isabelle Lévy-LehmannCostume : Catherine Garnier
Musique : Jean-Baptiste Lully « Marche pour la cérémonie des Turcs »
Durée  :  52 minutes

Ce thème Le temps traversé me permet de mettre en œuvre une écriture chorégraphique différente dans laquelle j’explore de nouvelles sources de présence. La collaboration avec Isabelle Lévy-Lehmann, artiste photographe et vidéaste, ouvre un espace où l’imaginaire se trouve confronté à d’autres visages.

Cette traversée n'a pas de destination.  Son pas déterminé conduit la danse vers d’autres lieux, d’autres apparitions et entraîne des déplacements. Elle peut être douce, violente, majestueuse ou titubante, elle est la base, le creuset de cette chorégraphie.
Cette danse est construite sous la forme de cinq parties, cinq marches, cinq emplacements. Elle part de l’idée que chacune de ces parties a son caractère, sa figure et son costume. Ces dernières sont soutenues soit par un film, soit par des photographies fabriquées expressément pour cette création. Chaque partie possède son temps de marche et son temps de rencontre avec les images. Le battement entre cette marche et les propositions visuelles est à chaque fois décliné différemment.

La danse se place en jouant sur des accointances, dissonances avec le support visuel. Les images fixes ou en mouvement créent d’autres imaginaires et déplacent la chorégraphie dans sa vision et sa perception. Il s’agit de trouver pour ces cinq déplacements, d’autres errances et de multiplier les relations entre danse, image et musique. La présence d’Isabelle Lévy-Lehmann permet un échange sur ces notions de liberté et d’obsession et de porter cette chorégraphie vers une exterritorialité.

La musique de Lully « Marche pour la cérémonie des Turcs » est présente sous des enregistrements différents pour créer une obsession, une obligation d’être toujours au même endroit et pourtant de proposer des fenêtres, des portes vers d’autres libertés.
L’alternance entre danse, image, silence, musique, propose de construire des tensions et de décaler la structure. Le temps traversé cherche à traduire les relations intimes entre mes obsessions personnelles et mon écriture chorégraphique.
                                                                                                          
   Christine Gérard





Suite à la présentation de fin de résidence à Micadances

Une ombre pénètre sur le plateau,  la mèche rebelle coincée sous la capuche d'un sweat un peu lâche, le pas alerte dans ses baskets. Cette silhouette échappée de la cité de l’asphalte n’est autre que la chorégraphe Christine Gérard qui va jouer à revêtir ces plus beaux atours pour épouser la marche de Lully dédiée aux turcs. Ses pas contemporains posés dans l’empreinte musicale du XVIIIème siècle créent le contraste, le paradoxe, le décalage d'une rencontre rendue possible mais inattendue. La danse et la musique réunies par une marche inlassablement répétée, inlassablement réinterprétée, inlassablement chorégraphiée. La sempiternelle cérémonie se décline en instruments, en vêtements enfilés, en images projetées,  en pas mesurés,  glissés,  sautés,  enchaînés. Un paysage dansé se profile en marchant. Une frise  se compose dans l'espace. La cérémonie des notes préside au parcours de l'interprète qui semble disposer ces pas comme des couverts sur le plateau, avec assurance mais aussi prudence, grâce et esprit. 

Le  découpage des séquences évoque le parcours quotidien d’une vie avec ses chutes et ses rebonds, ses déclins et ses énergies fulgurantes, ses emprises et ses abandons. 

La mise en espace jointe à la mise en images des photos d' Isabelle Lévy-Lehmann compose une fresque animée entrecoupée de vidéo accompagne au plus près  de la marche, l’enfouissement des pas ou leur déploiement. D’autres anonymes traversent les empreintes de mémoire de cette Traversée du temps qui s'impose comme une pièce manifeste racontant le récit d'une vie entrelacée d'enrobage de matière pure, de pas et de visages, de corps et de mouvements.

La musique revient répétitive, cérémoniale ou pompeuse mais sert le propos de celle qui danse et cadence à l’infini. Une dédicace aux danseurs qui la suivent, à la couturière qui la sublime dans sa robe rouge. 

Le portrait ou l’autoportrait devient plus net au fur et à mesure que les notes s’égrainent puis s’effacent. La personnalité s'impose toute de velours, fait autorité tout en douceur, s’insinuant dans nos mémoires pour disparaître derrière le miroir de soi,  la figure de cire figée dans le réalisme onirique de la photographe. Derrière ce miroir sans tain demeure une âme d¹humaine, de résistante et d‘engagée volontaire du mouvement. Cette intrigante qui marche en dansant foule encore nos pensées bien après la fin de la pièce et nous accompagne, fascinante de justesse et de vérité.
                                                                                                                                                 E.Dubourg