Créations

Il me semble toujours difficile de qualifier ma danse dans la mesure où elle m'est parfois étrangère au sens d'étrange. J'espère, en fait, l'inventer à chaque création ce qui est évidemment une illusion, une utopie.
L'espoir est de créer une émotion par l'écriture même, comme un poème, et que chaque geste soit le fruit d'une nécessité intérieure.

Le désir de créer vient souvent d'une rencontre, d'une projection, d'une profonde relation avec des interprètes, un groupe. Ces rencontres créent des liens et je me permets de me laisser penser et d'imaginer une chorégraphie qui nous unirait.

Comment à partir de ces visions, laisser en dernier recours la parole à l'abstraction et permettre  au public  un regard personnel, en évitant de  lui imposer une histoire préalable.
Les liens possibles sont dans la construction de la chorégraphie.

La phrase chorégraphique possède son sujet, donc elle est liée à des terminologies, des rythmes, et doit produire du sens pour induire un élan, une adhésion.

Est-il nécessaire de comprendre littéralement une danse ? 

La danse est lisible, si le regard se déplace et si on accepte l'imprévisible. Il ne s'agit d'un élan réciproque sur le désir d'être ensemble pour inventer, interroger, imaginer, découvrir, exposer, vibrer et créer cette relation sensible et mystérieuse sur un sommeil porteur de rêves, de folies, de bruissement.